Pour renforcer la prise en compte de la biodiversité des collectivités d’outre-mer, le Comité français mène une analyse des politiques publiques et développe des recommandations pour leur orientation. L’objectif est de faire du patrimoine naturel des collectivités d’outre-mer un axe stratégique et un moteur de leur développement durable.
Afin d’influer sur la prise en compte de la biodiversité dans les politiques conduites en outre-mer, un travail de fond a été engagé avec deux objectifs complémentaires.
Contribuer à la Stratégie nationale pour la biodiversité
A la demande du Gouvernement, le Comité français de l’UICN et le Conseil National du Développement Durable (CNDD) ont apporté une contribution importante à la Stratégie nationale pour la biodiversité, officiellement adoptée par le Gouvernement au début de l’année 2004 (voir l’article sur ce thème). Les deux organismes se sont associés pour proposer des orientations détaillées de cette stratégie, en y défendant tout particulièrement la place accordée à l’outre-mer.
Depuis novembre 2006, un plan d’action outre-mer a été adopté, ainsi que des plans d’action locaux dans les différentes collectivités. Comme le lui a demandé le Gouvernement, le Comité français réalise un suivi de la mise en place des huit plans locaux actuels (Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna, Polynésie française) et le fera pour les deux derniers plans à venir (pour St Pierre et Miquelon et les TAAF). En jouant son rôle de plate-forme de concertation et d’expertise, il veille à assurer une mise en œuvre participative des plans d’action afin d’impliquer l’ensemble des acteurs, à garantir une application des plans à la hauteur des objectifs définis localement, et à assurer une cohérence d’ensemble avec les objectifs de la SNB. Le Comité français produit chaque année une évaluation de la mise en œuvre des plans d’action outre-mer.
Intégrer la biodiversité dans les politiques de développement
Afin d’avancer des propositions pour améliorer la cohérence des politiques avec les engagements nationaux sur la biodiversité, le Comité français de l’UICN, appuyé par les experts de son Groupe Outre-Mer, a mené une analyse approfondie des politiques et des dispositifs de financements nationaux et européens pour la biodiversité d’outre-mer. Cette analyse s’est concrétisée par la publication en novembre 2006 de la synthèse "Financements publics et biodiversité en outre-mer - Quelle ambition pour le développement durable ?".
La plupart des collectivités d’outre-mer doivent répondre aux besoins d’une population en forte croissance, ce qui implique de construire des infrastructures, d’accroître l’urbanisation et de renforcer les différents secteurs de l’activité économique. Cet effort de développement est soutenu par des financements publics nationaux et européens et il apparaît aujourd’hui comme la principale priorité politique dans la plupart des collectivités.
Chantier de la RN2 en Guyane
© J. Fretey - O. Grunewald
Cependant, les collectivités françaises d’outre-mer sont aussi des espaces fragiles, abritant un patrimoine naturel d’importance mondiale. La dégradation de ce patrimoine risque de s’accélérer, avec des conséquences graves pour l’attractivité de l’outre-mer et pour la qualité de vie, l’identité culturelle et même la sécurité des populations.
Les aides publiques ont un impact déterminant sur le type de développement mis en œuvre, et donc sur l’environnement et la biodiversité. Mais en dépit d’une priorité politique affirmée, de l’ampleur des enjeux et de l’importance des moyens publics disponibles en outre-mer, les projets visant à préserver la biodiversité ne bénéficient souvent que de moyens dérisoires.
Site de Goro Nickel en Nouvelle-Calédonie © R. Dick
Pour remédier à ce décalage, il est désormais indispensable d’inscrire la gestion de la biodiversité comme un axe majeur des documents de programmation des financements. Il faut également veiller à supprimer toute "prime" à la dégradation de l’environnement et ne plus soutenir des projets manifestement contraires à la protection des milieux naturels.
D’une manière générale, il s’agit désormais pour l’Etat comme pour la Commission Européenne d’encourager les activités permettant d’investir sur le patrimoine naturel, dans une logique de projet, pour en faire la fierté de l’outre-mer et le moteur de son développement durable.
Le rapport "Financements publics et biodiversité en outre-mer : quelle ambition pour le développement durable ?" dresse un bilan sans précédent de la place accordée à la biodiversité dans les financements publics pour l’outre-mer, et met en avant des propositions détaillées pour améliorer la situation.
En téléchargement :
• le communiqué de presse publié le 11 janvier 2007,
• et toute la publication à partir des liens ci-dessous.