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La Liste Rouge des Écosystèmes

Depuis 2008, l’UICN est à l’initiative de la Liste Rouge des Écosystèmes ; un outil permettant d’évaluer l’état et la vulnérabilité des écosystèmes au niveau mondial. Cet outil est un des nouveaux « outils de connaissance » de l’UICN, destiné à devenir le pendant, pour les milieux naturels et semi-naturels, de la célèbre Liste rouge de l’UICN des espèces menacéesTM.

Historique :

La première étape de la mise en place de cet outil, appuyée par la résolution 4.020 adoptée par les membres de l’UICN lors du 4ème Congrès mondial de la nature à Barcelone, en 2008, fut « d’engager un processus de consultation pour l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi d’une norme mondiale pour l’évaluation de l’état des écosystèmes, applicable aux niveaux local, régional et mondial », de manière analogue à la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN. Ainsi, un premier projet de catégories et de critères pour cette Liste Rouge des Ecosystèmes a été publié dans Conservation Biology par Rodriguez et al. en février 2011. En savoir plus

En 2012, lors du 5ème Congrès mondial de la nature tenu à Jeju, une nouvelle résolution (RES-055) a été adoptée et appel le Conseil de l’UICN à approuver formellement la méthodologie, une fois sa mise à l’essai effectuée de manière rigoureuse. Cette résolution formule également la nécessité d’intégrer stratégiquement la Liste rouge des écosystèmes aux autres outils de connaissance de l’UICN, de soutenir la conception d’évaluations nationales et d’évaluer l’état de l’ensemble des écosystèmes terrestres, d’eau douce et marins de la planète, afin de pouvoir rendre compte des progrès accomplis s’agissant de la réalisation de l’Objectif 5 d’Aichi (« D’ici à 2020, le rythme d’appauvrissement de tous les habitats naturels, y compris les forêts, est réduit de moitié au moins et si possible ramené à près de zéro, et la dégradation et la fragmentation des habitats sont sensiblement réduites »).

En 2013, une seconde version de la méthodologie de la Liste rouge des écosystèmes a été publiée par Keith et al., paru dans la revue en ligne PlosOne. Cette seconde version a été adoptée par le Conseil de l’UICN en mai 2014 comme « norme mondiale officielle pour l’évaluation du risque pour les écosystèmes ».

Fondée sur une information précise relative au risque d’effondrement des écosystèmes, le but essentiel de la Liste rouge de écosystèmes de l’UICN est de mobiliser l’attention du public et des responsables politiques sur l’urgence et l’étendue des problèmes de conservation, d’inciter la communauté internationale à agir en vue de limiter la dégradation des écosystèmes et de fournir des bases cohérentes pour orienter les politiques dans leur stratégies d’aménagement du territoire et de priorités de conservation. Elle devra ainsi démontrer comment une gestion appropriée de ces écosystèmes peut réduire leur risque de dégradation et de perte de biodiversité, car préserver les écosystèmes permet de préserver l’ensemble des espèces qui le composent ainsi que leurs fonctionnalités et les services qui leurs sont associés.

Deux idées émergent de cette initiative :
-  la première est la réalisation d’une Liste Rouge Mondiale des écosystèmes terrestres, d’eau douce et marins d’ici 2020-2025, assurée par le groupe d’experts international de l’UICN et le Secrétariat de l’UICN,

-  la seconde vise à l’application de la méthodologie à une échelle régionale (ex : Europe), nationale et infranationale, par les comités nationaux et leurs commissions, les membres de l’UICN ainsi que leurs réseaux de partenaires.

Le site de la Liste Rouge des Écosystèmes , mis en ligne en 2013 et rédigé dans les trois langues officielles de l’UICN (anglais, espagnol, français), a pour objectif de regrouper les études de cas réalisées ainsi que l’ensemble des références bibliographiques sur le sujet.

Action du Comité français :

Le Comité français s’est fortement investi dans cette initiative depuis le premier atelier de 2011. En septembre de cette même année, Jon Paul Rodriguez, animateur du Groupe thématique international, est venu présenter aux experts français le concept de cette Liste Rouge des Écosystèmes et recevoir leurs premiers avis.

En 2012, une première étude a été menée en partenariat avec la Fondation de la Tour du Valat. Cette étude portait sur la réalisation d’études de cas, pour l’application de la méthodologie sur des écosystèmes de zones humides de France métropolitaine. Elle a ainsi permis de dresser un bilan objectif du degré de menace des 4 écosystèmes considérés, tout en incluant de fait l’expertise française au sein de l’analyse critique de la grille méthodologique de la Liste rouge des écosystèmes. Cette étude a été valorisée lors du Congrès mondial de Jeju, l’exemple des « lagunes méditerranéennes de France métropolitaine » figurant comme particulièrement pertinent. Cette étude de cas, ainsi que les trois autres inclues dans cette première étude, sont ou seront bientôt intégrées dans la base de donnée mondiale.

Entre 2013 et 2014, le Comité français s’est investi dans un nouvel exercice d’application de la méthodologie, cette fois sur des habitats forestiers de France métropolitaine. Ce travail réalisé en partenariat avec le Ministère en charge de l’Agriculture et des Forêts et l’Office National des Forêts avait pour but d’évaluer l’applicabilité de l’outil « Liste rouge des écosystèmes de l’UICN » à une échelle nationale, ainsi que de définir et de préciser le cadre d’une évaluation de l’ensemble des habitats forestiers en France, notamment en termes de choix de typologie et d’échelle d’application. Le rendu de ce travail sous la forme d’un recueil des études de cas et d’un document Bilan et préconisations.

En 2014 également, une nouvelle étude a été lancée et concerne cette fois ci les mangroves de Mayotte, département français d’outre-mer. La Liste rouge des écosystèmes et sa méthodologie étant définitivement adoptées par l’UICN comme outil de référence pour l’évaluation du risque pour les écosystèmes au niveau mondial, cette évaluation n’est plus en soit une simple étude de cas. Elle doit alors suivre le processus instauré par le Comité français pour ses Listes rouges, à savoir la création d’un Comité d’experts chargé de rassembler les données, de discuter et de valider les catégories attribuées à chaque critère et à chaque écosystème évalué.

Toujours dans l’optique de faire valoir cette démarche auprès des acteurs de la préservation de la nature en France, un Groupe « méthodologique » d’experts référents a été formé en 2012 au sein de la commission « Gestion des écosystèmes ». Ce groupe est coordonné par Brigitte Poulin (Tour du Valat), également expert-référente dans le groupe thématique international « Liste rouge des écosystèmes ».

Ce groupe d’experts a pour missions de :

- poursuivre les réflexions méthodologiques au niveau national, en lien avec le groupe d’expert international

- assurer le suivi des études de cas qui seront menées, année après année, sur les différents écosystèmes français et d’outre-mer

- valoriser les travaux réalisés dans le cadre d’évènements thématiques, nationaux ou internationaux

Le comité français de l’UICN poursuit ses travaux sur la déclinaison de la Liste rouge des écosystèmes en France, notamment sur les habitats forestiers. Ainsi, il s’agira principalement d’élaborer la liste des habitats forestiers français qui seront évalués tout en approfondissant les évaluations déjà réalisées.

Contact

Pour toute information, merci de contacter :
Aurélien Carré – Chargé de Projet Liste Rouge des Écosystèmes.
Pauline Teillac-Deschamps – Chargée de Programme Écosystèmes.